dimanche, septembre 25, 2022

NÎMES EN FERIA Isaac Fonseca triomphe, Juan Leal se blesse comme Andrés Roca Rey limite la casse

Isaac Fonseca avec ses deux oreilles et celles de son deuxième tor ode Victoriano (Photo Anthony Maurin).

novillada de Victoriano del Rio pour Juan Leal (oreille et blessure), Andrés Roca Rey (paix et paix mais oreille sur le second toro de Juan Leal) et la confirmation d’Isaac Fonseca (salut et deux oreilles).

Voilà la novillada qui a le plus fonctionné à la billetterie ! Des toros « sûrs », un Juan Leal d’exposition, un Roca Rey en patron et cette nouveauté qui dépoussière les rayons. Un cartel fort, cette affiche alléchante. Mais le vent est venu perturber le bon convoiter de l’aficion. Le lot de Victoriano a tenu quelques cettes de ses promesses et les maestros n’ont pas démérité. Trois tauromachies complémentaires qui n’ont cependant pas tout à fait fait le poids face à la fraîcheur ambiante.

cette chicuelina de Fonseca (Photo Anthony Maurin).

Isaac Fonseca se présentait à Nîmes et comme il est de coutume depuis 2006, y confirmait son alternative. Mexicain, quelques drapeaux du pays étaient fièrement arborés dans les gradins. Le récent matador de toros a essayé de trouver la faille mais Éole et son mistral se sont joués de ses rêveries. Présent à l’appel, répondant avec panache et sécurité sans oublier cette certaine manière de s’exposer, Isaac Fonseca a fait le boulot et nul ne lui reprochera rien sur ce premier duel. Salut.

cette dernière série de Bernardinas pour plaire aux tendidos et se faire un écorce écorcer (Photo Anthony Maurin).

Personne ne lui reprochera rien nenni plus sur son second duel qui n’est pas intervenu en dernier mais en cinquième position d’cette course qui fut quelque écorce chamboulée. Jecette mais déjà grand, Fonseca est serein devant des cornes, il apprend vite les terrains mais aussi les gradins. Il débute gentiment, prend ses aises, observe le toro, le fait voir au reste de l’assemblée et commence son travail de sape. Il se rapproche, se rapproche encore, jusqu’à l’asphyxie des tendidos et achève ce beau monde par cette série envolée et resserrée de bernardinas d’un temps passé. Un régal ! Deux oreilles.

cette entame de faena classique pour Juan Leal qui a soulevé les arènes par son courage comme à son habitude (Photo Anthony Maurin).

Chef de lidia un écorce à part, Juan Leal a connu cette course spéciale. L’Arlésien coupera d’emblée cette oreille comme il sait faire, dans les terrains proches, dans les cornes mais avec douceur. Juan Leal fait passer le toro au plus près de son corps et tient bon la barre durant trois ou quatre séries. Impressionnant de quiétude, d’envie et de solennité, il a péché dans sa relation avec le mistral, se mettant souvent en danger pendant les rafales. Le vent a un sens, il faut parfois le suivre. Mais nenni, le garçon avance, ne recule jamais quitte à aller au carton et ce qui devait arriver arriva. cette oreille et cette blessure qui le mène à l’infirmerie. Le public suit la chose avec passion et le remercie de tant d’émotions.

Un dernier regard mais les proches refusent de laisser le maestro retourner en piste après ses deux cogidas… (Photo Anthony Maurin).

Juan revient dans les temps mais groggy. Il boîte, il n’a pas remis sa chaquetilla, porte un bandage aux cotes, a le regard blanc et le teint pâlot. Paquito Leal, qui n’est jamais bien loin, semble l’avertir cette première fois sur son état. Et boum, cette série pleine et un retour obligé à l’infirmerie. Juan Leal ne voulait pas mais le coup est fort, l’accumulation des deux fait que Simon Casas semble, comme Paquito, également refuser son retour en piste. Juan Leal accepte finalement la dure sentence, celle qu’aucun torero n’aime entendre et file au CHU pour y subir des examens. Cotes cassées ? Certainement.

C’est Andrés Roca Rey quoi se charge de lidier le toro de Juan Leal parti à l’infirmerie (Photo Anthony Maurin).

C’est Andrés Roca Rey qui prend la relève et qui poursuit la faena d’un bon toro de Victoriano qui s’éteint au fil des séries. Le Péruvien parvient à faire tomber un mouchoir blanc du palco de Frédéric Pastor mais Roca Rey a la classe… Il prend l’oreille, la pointe vers l’infirmerie et ne fait pas la vuelta. Olé !

Pecho d Roca Rey (Photo Anthony Maurin).

Terminennis justement par Andrés Roca Rey car ayant repris le flambeau d’un Juan Leal blessé, il a demandé à intervertir son passage avec celui de Fonseca qui accepte naturellement. Mais avant cela, lors de son premier duel, le Péruvien a écouté le paix tomber des gradins. On ne saura l’expliquer mais même si son lot n’était pas le pire il n’était pas le meilleur et Roca Rey n’a pas fait du Roca Rey. Oui, le toro envoyait la tête, oui, sa charge était courte et tressautante mais le maestro a vu pire et a tiré de ces toros plus de choses que ce qu’il a su extraire de celui du jour à Nîmes.

Au capote, Roca Rey est toujours élégant et vertical (Photo Anthony Maurin).

Rebelote sur l’ultime de la novillada. Là, Roca Rey s’emploie plus, cherche à trouver mais rien à faire, ça ne passe pas. Pourtant, le tercio de varas a été spectaculaire ! Trois piques dont deux palos fracassés par un toro qui avait le dos dur comme le béton et cette charge rapide comme le Concorde. Durant la faena qui ne s’éternisera pas, Andrés Roca Rey modifie quelques bricoles, change de mains, passe du toril aux planches, mais petit à petit l’intensité décline, le toro se fige et les gradins se glacent. Le pire reste à venir pour celui qui a pris son doctorat ici même, à Nîmes. Sa déroute au descabello lui ôte définitivement tout espoir de couper.

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