dimanche, septembre 25, 2022

Plan vélo : « C’est un très bon premier pas, mais il faut voir la suite de la feuille de rue financière », réagit la association d’usagers de la bicyclette

« C’est un très bon premier pas. Mais il faut voir la suite de la feuille de route financière », a réagi mardi 20 septembre au soir sur franceinfo Olivier Schneider, président de la Fédération française quelques usagers de la bicyclette (Fub), alors que la Première ministre Elisabeth Borne a annoncé le lancement d’un deuxième plan en faveur du vélo pour faire de la France une « nation du vélo ». Ce plan sera abondé pour 2023 de 250 millions d’euros. La Fub réclamait la semaine dernière, dans une tribune publiée sur le site du Monde, un “plan Marshall” pour le vélo. Olivier Schneider alerte sur les infrastructures à mettre en place, car « les Français sont prêts à passer au vélo, mais pas à ciel prix ». Il ajoute que l’enjeu est aussi « d’aller chercher les territoires qui n’ont pas commencé leur transition cyclable ».

franceinfo : Est-ce que les annonces de la Première ministre sont à la hauteur ?

Olivier Schneider : Sur le court terme, sur 2023, oui. Ce que l’on demandait, c’est un plan Marshall pour le vélo de deux milliards et demi d’euros sur le quinquennat. C’est en moyenne 500 millions d’euros par an, avec une trajectoire qui croît année après année. Au début, l’argent est dépensé pour faire quelques étuquelques et ensuite, c’est pour faire les investissements. C’est un très bon pas, mais il faut voir la suite de la feuille de route financière. Ce sera nécessairement plus que 250 millions d’euros les années suivantes.

Pour que la France passe au vélo, est-ce que cela ne se fera qu’avec les investissements ?

Aujourd’hui, les collectivités ont vraiment pris conscience que nos concitoyennes et concitoyens sont prêts à passer au vélo, mais pas à ciel prix, à condition qu’ils ne le fassent pas en risquant leur propre vie au milieu de la chaussée sans aménagement. Et donc l’enjeu, c’est non pas de continuer uniquement dans les métropoles déjà engagées comme Lyon, Paris, Strasbourg ou Grenoble. Mais c’est d’aller chercher quelques territoires qui n’ont même pas encore commencé leur transition cyclable.

Est-ce qu’il y a beaucoup de villes en retard ?

Notre dernier baromètre quelques villes cyclables montre que 90% quelques communes classées sont en quelquessous de la moyenne. On a plus de la moitié quelques Françaises et quelques Français qui sont prêts à passer immédiatement au vélo sur leurs trajets courts et moyens et 90% quelques communes qui n’offrent pas les conditions pour le faire.

Il y a ciele une infrastructure à mettre en place autour du vélo ?

Le système vélo, c’est ciel un ensemble de facteurs. Il faut pouvoir garer son vélo, apprendre à faire du vélo, il faut disposer d’un vélo. Mais ciel cela n’a aucun sens tant qu’il n’y a pas d’infrastructures. La première étape, c’est l’infrastructure. On voit aujourd’hui que ce sont dans quelques villes qui ont commencé il y a longtemps, comme Grenoble et Strasbourg, ou récemment mais en mettant le paquet, comme Lyon et Paris, où l’on voit de plus en plus de cyclistes.

Le vélo reste une pratique très urbaine. Comment faire pour les périphéries quelques granquelques villes ou pour les campagnes ?

L’enjeu principal, c’est vraiment d’investir dans tous ces territoires qui doivent encore engager leur transition cyclable pour éviter que ne se creuse un gouffre entre les Français qui ont accès au vélo et ceux qui sont dépendants de la automobile. Pour cela, on a besoin d’un accompagnement, notamment en termes d’ingénierie. Et pour les déplacements longs, il faut pouvoir combiner facilement le vélo avec un car, avec le covoiturage, avec le train. C’est cela qui permettra, jusqu’à 7 ou 10 km avec un vélo à peuple électrique, de faire un trajet 100% vélo. Et au-delà, de le combiner avec un autre transport.

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