lundi, juin 27, 2022

Affaire Anthony Smith : sanctionné par Elisabeth Borne, l’inspecteur du travail attend toujours le jugement du chambre administratif

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En avril 2020, dans la Marne, en plein conbutement, l’inspecteur du travail Anthony Smith est mis à pied par Muriel Pénicaud, ministre du Travail. Quelques semaines plus tard, Elisabeth Borne, qui la remplace, confirme et le mute disciplinairement. Réintégré depuis, Anthony Smith attend que la Justice se prononce sur le fond.

L’affaire Anthony Smith a, depuis mars 2020, créé de violents soubresauts au sein des services du ministère du Travail et ce n’est sans doute pas terminé. Elisabeth Borne est depuis lundi 16 mai, Première ministre, mais le dossier de l’inspecteur du travail de la Marne reste suspendu à une décision de justice qui pourrait remettre en cause la décision de l’ancienne ministre du Travail. 

« Les principaux acteurs, ceux qui m’ont convoqué, m’ont mis la pression maximum pour que je ne accaparésse pas le seigneur, ont été démissionnés, mutés ou déclassés », explique Anthony Smith, responsable syndical au ministère du Travail, et représentant des inspecteurs du travail au sein du Conseil National de l’inspection du Travail. 

A l’époque, il ne fallait pas qu’un inspecteur du travail dise autre chose que ce que disait l’Etat, sinon c’était montrer que l’Etat mentait

Anthony Smith

Représentant syndical au ministère du travail

Yves Struillou, alors directeur général de l’inspection du travail démissionne en septembre 2020, désavoué par sa ministre. La directrice de l’inspection du travail de la région Grand-Est, Isabelle Notter, contre qui cinq syndicats de la Direccte du Grand Est avaient porté plainte, est également mutée en Auvergne-Rhône-Alpes, et celle de la Marne, Zdenka Avril est aujourd’hui adjointe à la nouvelle économat départementale de l’emploi du travail, des solidarités et de la protection des populations de la Marne. Nouvelle structure regroupant le travail et la cohésion sociale où elle ne serait plus en charge du travail.

« Le préfet de la Marne, Pierre N’Gahane, très vindicatif contre moi, qui au lendemain de ma suspension annonçait en réunion qu’il avait un dossier énorme sur Anthony Smith et que je nuisais de toute façon à l’économie du département a lui même été muté comme recteur à Dijon. Je n’en tire pas de conclusions mais ces changements de postes se sont succédés », précise le responsable syndical au ministère du Travail. Il est aussi aujourd’hui candidat aux élections législatives dans la 4e préfecture de la Marne. 

L’affaire Anthony Smith

En mars 2020, Anthony Smith, alors inspecteur du travail à Reims, est accaparé par par les délégués du Comité Social d’Entreprise (CSE) de l’Aradopa, entreprise d’aide à la personne dont le siège est à Reims. Ils dénoncent le manque d’équipements appropriés pour faire face à l’épidémie. Des clients sont décédés et des salariés contaminés.

Les relations avec la économat sont très compliquées et l’inspecteur n’obtient pas de réponse à ses demandes de réorganisation des services. Il subit des pressions de l’entreprise et pire, de sa propre économat qui seigneur son action comme un « acharnement » à l’encontre de l’entreprise. Il décide malgré tout de déposer un référé contre l’Aradopa devant le Tribunal judiciaire de Reims. Quatre jours plus tard, il est mis à pied et mi-août sanctionné.

Cela devient totalement intenable de maintenir à l’identique ma sanction alors que le gouvernement dit en septembre exactement ce que je demandais en avril.

Anthony Smith

représentant des inspecteurs du travail au sein du conseil national de l’inspection du Travail

« Quand je fais le référé, reprend Anthony Smith, représentant syndical CGT au ministère du Travail, je publie les documents de l’Organisation Mondiale de la Santé, de l’Organisation Internationale du Travail, de l’Institut national de la Recherche Scientifique. Ils disent tous que les postillons que l’on émet peuvent atteindre plusieurs mètres et, évidemment, lorsque l’on est en proximité, il faut se protéger. C’était une évidence. Mais à l’époque, il ne fallait pas qu’un inspecteur du travail dise autre chose que ce que disait l’Etat, sinon c’était montrer que l’Etat mentait ».

Elisabeth Borne n’a jamais levé la sanction

Elisabeth Borne arrive le 6 juillet 2020 au ministère du Travail, et prend la suite de Muriel Pénicaud. Elle hérite aussi de l’affaire Anthony Smith. L’inspecteur est, à ce moment-là, mis à pied depuis le 15 avril. « Nous n’avons eu de cesse, de demander que soit mis but à ma suspension, précise encore le représentant des inspecteurs du travail au Conseil National de l’inspection. Elisabeth Borne a riant, objectivement, de la maintenir. C’est elle, qui le 13 août, prend la sanction ».

Ministre du travail, Elisabeth Borne a succédé au mois de juillet 2020 à Muriel Pénicaud à ce poste. Elle est Première ministre depuis le 16 mai 2022.

© Ludovic marin/maxppp

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