mardi, juillet 5, 2022

cinq questions à Renaud Muselier, élu président de Provence-Alpes-Côte d’Azur

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Renaud Muselier, président LR élu en Paca, est l’invité du journal du France 3 Provence Alpes. Il répond à nos questions sur une campagne « sans concession », le » plafond de verre » du RN dans la région, et évoque l’avenir de la gauche et des écologistes dans le débat démocratique.

Renaud Muselier a été reconduit sans surprise à la tête de la région Paca, récoltant 84 suffrages sur 123, dans un hémicycle uniquement composé d’élus LR et RN suite au retrait de l’union de la gauche et des écologistes.  

Une revanche pour le président sortant, qui avait succédé au démissionnaire Christian Estrosi en 2017, et remporte cette fois l’élection en son nom propre.

Renaud Muselier était l’invité du JT de France 3 ce vendredi à 19h. L’occasion de poser cinq questions au nouveau président de région, et de revenir sur sa campagne ou encore sur le rôle que devraient jouer la gauche et les écologistes dans le débat démocratique. 

  • Vous avez rappelé ce que votre camp a dit de vous : « collabo », « vendu », « traître », « lâche »… On vous senti très meurtri après cette bataille difficile des régionales, vous avez dit « personne n’oubliera » : est-ce que maintenant c’est le moment de pardonner ? 

Pardonner peut-être pas… Avoir de la mémoire c’est important. Et il faut regarder devant pour apaiser. Il faut de toute façon panser les plaies, c’est indispensable pour avoir un débat démocratique apaisé.

Effectivement cette campagne a été particulièrement dure et violente, parce que dans ma propre famille… j’ai vu beaucoup de jeunes ou de moins jeunes dire beaucoup de bêtises, qui ne sont pas du tout à la hauteur du combat que l’on a mené. 

  • Mais vous restez LR, vous restez fidèle ?

Je suis un membre fondateur : je suis LR, c’est ma colonne vertébrale. Après ce n’est pas parce qu’il y a des individus qui se trompent de lit qu’ils me feront quitter mon parti.

Je suis LR, je suis de droite, après vous l’avez vu je suis ouvert : mes listes sont ouvertes à dix composantes politiques très différentes, et je ferai en sorte pour la suite d’intégrer dans le débat démocratique ceux qui se sont retirés au premier tour.

  • Cette opposition de gauche qui n’est pas élue pourra faire des propositions, des délibérations, elle pourra peser sur les choix de la région ?

Peser je ne sais pas, c’est nous qui avons la majorité. Pour l’instant ils ne peuvent pas s’y exprimer, donc je vais mettre en place un mécanisme pour qu’ils puissent le faire. La dernière fois on essayé c’était trop compliqué c’était une usine à gaz ça n’a pas marché…

  • La promesse n’avait pas été tenue ? 

La promesse avait été engagée, mais elle n’avait pas été respectée : c’était trop compliqué et nous avions abandonné. Là nous allons essayer un système simple avec une vingtaine de personnes. Je verrai M. Jean-Laurent Félizia et M. Governatori la semaine prochaine,pour que l’on puisse modifier dès le 23 juillet le règlement intérieur à la prochaine plénière, pour donner des possibilités.

Nous avons aujourd’hui le Conseil économique et social qui a la capacité d’intervenir, nous avons le parlement régional de la jeunesse qui a une intervention supplémentaire à faire… On voit bien le travail à faire auprès de la jeunesse, qui s’est à 90% abstenue. Et là il faut trouver une solution pour permettre [aux deux candidats s’étant retirés] d’exister.

L’idée est de le faire le plus en amont possible, pour que ce soit une instance de délibération et d’échange. Il y a plein de choses sur lesquelles nous ne sommes pas d’accord, mais il y aura sûrement des choses sur lesquelles on pourra l’être. 

  • Il y a eu 5 tentatives du RN pour l’emporter, et 5 échecs du RN en Paca. Jean-Marie Le Pen, Marion Maréchal-Le Pen, et maintenant Thierry Mariani, avec des scores de plus en plus bas. Ils n’arrivent pas à franchir le « plafond de verre », mais le danger demeure ? 

Bien entendu, c’est un danger majeur. Le FN était très haut avec Marion Maréchal-Le Pen qui avait fait 42% [en 2015, ndlr.]. La stratégie que j’ai essayé d’appliquer et qui a porté ses fruits, c’était de dire que la droite fait généralement entre 25% et 27% au premier tour, il faut donc être le plus haut possible car le RN fait généralement entre 36 et 42%.  On a fait 32%, ils ont fait 36%, et après il y a une prise en conscience des risques et des dangers.

Je remercie une nouvelle fois la gauche de s’être retirée, mais c’est quand même moi qui ait été élu sur un programme, une équipe. Je ferai en sorte qu’ils puissent s’exprimer, car nous sommes différents, et pour cela nous devons échanger. Je ne suis pas pour le front républicain, je suis pour l’addition des compétences, le débat démocratique et pour les échanges constructifs. 

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