samedi, mai 28, 2022

comment les talibans se financent-ils ?

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DÉCRYPTAGE

Les talibans sont désormais installés au pouvoir en Afghanistan et devraient prochainement former un gouvernement. Le numéro 2 des talibans, le mollah Abdul Ghani Baradar, est arrivé en avion à Kandahar, dans le sud du pays, en provenance de Doha. Economiquement, la situation pourrait être complexe : plusieurs pays, notamment les Etats-Unis et l’Allemagne, ont déjà coupé leurs aides au pays, tandis que la monnaie afghane, l’afghani, a plongé face au dollar. Mais depuis des années, les talibans ont déployé leurs propres réseaux et disposent de ressources importantes.

Taxes, drogues et dons

Leur principale source de revenus, ce sont des taxes imposées à chaque poste frontière conquis. Essence, nourriture, équipements : tous les produits qui entrent dans un territoire contrôlé par les talibans sont taxés, parfois jusqu’à 30%. Un système qui leur rapportait plus de 3 milliards de dollars par an, avant même la conquête éclair du pays ces dernières semaines.

Autour de ce socle financier solide, les talibans ont ensuite bâti un système d’impôt islamique. Dans les territoires qu’ils contrôlent, ils prélèvent 2,5% sur les revenus de chaque foyer et 10% sur les récoltes. 

Autre source de revenu majeure : les dons de mouvements islamistes amis. Ces sommes en liquide, venant du Pakistan ou de certains pays du Golfe, avoisineraient selon l’Otan environ un milliard et demi de dollars chaque année. Enfin, il y a l’exploitation minière et surtout le trafic de drogue, repris en main par les fondamentalistes. L’Afghanistan est le premier producteur mondial de pavot : 80% des drogues opiacées vendues dans le monde sont produites là-bas. Ce magot illégal peut s’élever entre 400 millions à 2 milliards de dollars par an.

Un butin suffisant pour gérer un pays sous perfusion ?  

Cet argent sera-t-il suffisant pour gérer un pays, avec ses écoles, ses hôpitaux et son administration ? La question reste entière, car jusqu’ici la guérilla des talibans entraînait peu de dépenses. « Les talibans n’avaient pas besoin d’énormément d’argent car ils n’avaient pas une armée régulière à entretenir », explique Karim Pakzad, chercheur associé à l’Institut de Recherches Internationales et Stratégiques, spécialiste de l’Afghanistan. « Ces dernières années, ils payaient certains de ces combattants qui étaient devenus professionnels, par exemple les Brigades Rouges, comme ils appellent leurs forces spéciales. Mais la plupart des combattants étaient des bénévoles. »

Les talibans changent désormais de dimension économique. D’autant que l’Afghanistan est un pays sous perfusion : 80% des 10 milliards de dépenses annuelles de l’Etat, pour les services publics, proviennent d’aides internationales. Cet apport, initialement destiné au gouvernement afghan, commence déjà à se tarir car la communauté internationale est moins encline à financer les fondamentalistes. De même, ils ne pourront pas compter sur les réserves en dollars de la Banque centrale afghane, estimées à près de 10 milliards et placées en grande partie à l’étranger. Une partie est déjà gelée par les Etats-Unis.

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