mercredi, juin 29, 2022

Core in Fronte dit « non à la marchandisation de la terre »

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Samedi 17 juillet, dans le village de l’extrême sud, Core in Fronte a organisé une conférence de presse suivie d’un rassemblement pacifique devant une villa. Tout en dénonçant des « constructions illégales », les indépendantistes ont mis en avant la question du logement.

À cinq jours de sa toute première session à l’Assemblée de Corse, Core in Fronte occupe le terrain. En l’occurence, ici, celui de la « dépossession et de la décorsisation », deux thèmes chers au parti indépendantiste qui aura six représentants dans l’hémicycle pour cette nouvelle mandature.

Samedi 17 juillet, devant la mairie de Pianottoli-Caldarellu, une cinquantaine de personnes – dont des habitants du village – ont assisté à la conférence de presse organisée par le mouvement nationaliste.

Dans l’assistance, on remarque la présence de plusieurs conseillers territoriaux fraîchement élus sur la liste conduite par Paul-Félix Benedetti.

Le leader du parti est là. Tout comme ses colistières Vanina Pietri, Marie-Claude Branca et Serena Battestini. Jean-Baptiste Arena est lui descendu de Patrimonio. Il discute notamment avec José Bové.

De passage dans la région, l’ex-député européen est venu « apporter son soutien » à l’action menée par Core in Fronte dans une commune qui n’a pas été choisie au hasard.

Aux côtés de Serena Battestini et Paul-Félix Benedetti, l’ex-député européen José Bové s’est mêlé aux manifestants.

© FTV

En effet, pour le mouvement, il s’agit de dénoncer « l’illégalité de plusieurs constructions » situées sur le versant surplombant la baie de Pianottoli. « Ainsi Messieurs Perotto, Daugier et Laubertie s’estiment-ils au-dessus de tout le monde ?, interroge Jean-Baptiste Cucchi au nom du parti indépendantiste. N’ayant que faire des terrains avoisinants (appartenant à des familles corses) pour mieux les dégrader, construisant sans respect aucun pour l’environnement, n’hésitant pas à contourner leurs propres lois pour mieux assouvir leur suprématie géographique et conquérante. »

« Une atteinte à l’environnement »

Parmi ces villas pointées du doigt par les nationalistes, celle de Jacques Perotto, dont le permis de construire avait été accordé par l’ancienne mairie de Pianottoli, alors dirigée par Jérôme Polverini.

Bâtie sur une crête, cette maison de 200 mètres carrés constitue, pour Core in Fronte, « une atteinte à l’environnement, interdite dans le dispositif juridique systémique ».

C’est d’ailleurs devant la villa de cet avocat inscrit au barreau de Paris que les militants et sympathisants se sont ensuite rassemblés dans le calme. Pour une action symbolique et pacifique, sous le regard de trois gendarmes. « Notre message, c’est de dire, on ne peut pas faire ce qu’on veut !, indique Serena Battestini. Ces gens viennent en toute impunité et construisent des horreurs. À un moment donné, il faut que ça s’arrête. »

La maison dont Core in Fronte dénonce la construction est bâtie sur une crête, à proximité d’un château d’eau.

© FTV

« On est aussi là pour dénoncer le fait que des jeunes en Corse n’arrivent pas à s’installer, alors que parfois ils bénéficient d’une assise foncière familiale, explique Jean-Baptiste Arena. Malgré le fait qu’ils soient dans des zones urbanisées, on leur refuse l’accès à l’urbanisme. Et ici, on se retrouve en plein maquis, dans une zone remarquable, ou une personne s’est octroyée d’elle-même le droit de construire. Nous voyons que, selon qu’on soit puissant ou misérable, ces gens se permettent tout et n’importe quoi sur la terre de Corse. C’est une injustice. »

Le maire a demandé la destruction des cabanes

Pour les indépendantistes, « les trois cabanes construites en-dessous de la maison sont illégales ». Charles-Henri Bianconi, le maire de la commune élu l’an passé, a d’ailleurs demandé leur destruction : « Concernant la maison principale, légalement, il n’y aucune possibilité d’intervenir, souligne l’édile. Elle est bâtie sur le principe d’un permis de construire. Elle dépasse de la crête et ne s’intègre pas dans l’environnement ; c’est malheureux, mais on ne peut rien faire. En revanche, j’ai demandé la destruction des constructions illégales. »

J’ai respecté le permis de construire et il a été purgé de tout vice

Jacques Perotto

De l’autre côté de la piste en terre, Jacques Perotto est sorti devant sa villa. Depuis sa parcelle, l’homme regarde les manifestants quitter tranquillement les lieux dans le calme. « J’ai respecté le permis de construire et il a été purgé de tout vice, précise le propriétaire qui a l’intention d’habiter à l’année au village, en résidence principale. En ce qui concerne les cabanes, poursuit-il, on a déposé un permis d’extension de la maison principale qui a été refusé par le maire. On est en contentieux devant le Tribunal administratif de Bastia. C’est ensuite le Procureur de la République qui va décider s’il peut obtenir la destruction des cabanes. S’il décide de les détruire, je suis avocat, on verra. Je pourrai me défendre. »

Environ cinquante personnes se sont rassemblées au pied d’un château d’eau, en face de l’entrée de la maison dont Core in Fronte dénonce la construction.

© FTV

Avec cette opération à Pianottoli, Core in Fronte affirme sa volonté de peser dans le débat politique. Le tout à cinq jours de la première session de la nouvelle Assemblée de Corse.

Si les six conseillers territoriaux du parti seront minoritaires dans l’hémicycle, ils « promettent d’y faire entendre leur voix et de dire non à la marchandisation de la terre ». Cette action symbolique dans l’extrême sud de l’île avait très certainement pour objectif de le rappeler.

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