mercredi, juillet 6, 2022

dans le calme de la mairie d’Ajaccio

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Pour ce premier tour des Territoriales, nous avons assisté au dépouillement au bureau centralisateur d’Ajaccio. Reportage.

On ne sait si c’est le Covid, la fête des pères ou la chaleur – peut-être les trois ? -, mais on était loin de l’effervescence des grands rendez-vous électoraux au bureau centralisateur de la mairie d’Ajaccio.

Ce dimanche 20 juin, à une demi-heure de la clôture du scrutin du premier tour des Territoriales, tout est étrangement calme. Mis à part les assesseurs, une poignée de journalistes et quelques curieux, la salle de vote sonne plutôt creux. « J’ai rarement vu aussi peu de monde un jour d’élection », confie un vieil Ajaccien, appuyé à la barrière en attendant tranquillement 18 heures.

« Y a-t-il encore des personnes qui souhaitent voter ? », interroge Jean-Marie Rossi, président du bureau. Une mère, avec son petit aux bras, sera la dernière personne à glisser son enveloppe dans l’urne. « A voté, le scrutin est clos ! » Le dépouillement peut commencer. Pendant ce temps-là, François Filoni est assis en terrasse sur le port, avec certains de ses colisitiers.

Candidat soutenu par le Rassemblement National, François Filoni attend la clôture du scrutin dans un café du port d’Ajaccio, dimanche 20 juin.

© FTV

Premières tendances

Au fur et à mesure qu’on ouvre les bulletins, quelques personnes se massent derrière les barrières. On aperçoit des colistiers de Gilles Simeoni : Alex Vinciguerra (en 3ème position) est en compagnie de Nadine Nivaggioni, Sébastien Masala et Romain Colonna  : « On regarde les 200 premiers bulletins et on va dans un autre bureau. » Histoire de prendre la température…

Numéro 3 sur la liste de Gilles Simeoni, Alex Vinciguerra a assisté au dépouillement à la mairie d’Ajaccio en compagnie des colistiers Sébastien Masala, Nadine Nivaggioni et Romain Colonna (au second plan).

© FTV

À côté, Arthur Solinas de Core in Fronte est également là. Luc Bernardini aussi. Il était troisième sur la liste du parti indépendantiste de Paul-Félix Benedetti aux dernières Municipales d’Ajaccio. 

Plus loin, le communiste Paul-Antoine Luciani écoute attentivement Jean-Marie Rossi égrener les noms. Celui de Michel Stefani, dont il est le colistier, n’est pas souvent cité. « C’est mauvais signe », souffle-t-il derrière son masque. Les deux cents premiers bulletins donnent Laurent Marcangeli en tête devant Gilles Simeoni.

Colistier de Michel Stefani, Paul-Antoine Luciani était présent lors du dépouillement à la mairie d’Ajaccio.

© FTV

Sur le trottoir devant la mairie, la foule s’est un peu épaissie. Dans le hall, les adjoints du maire sont là : Pierre Pugliesi, Simone Guerrini ou encore Stéphane Vannucci. Antoine Maestrali, son directeur de campagne, passe furtivement avant de monter à l’étage.

Des estimations qui se confirment

19 heures 45, les résultats de la « maison carrée » tombent. Dans sa mairie, Laurent Marcangeli reste maître à bord avec 270 voix contre 118 pour le président sortant de l’éxecutif. La surprise vient de Core in Fronte, quatrième dans un bureau centralisateur pas vraiment connu pour ses tendances indépendantistes. 

Quelques minutes plus tard, une lointaine clameur se fait entendre. Elle vient de la permanence de Gilles Simeoni, située à quelques pas de la mairie d’Ajaccio, face au marché. Il est 20 heures. Les premières estimations donnent le président sortant de l’exécutif en tête sur l’île. Devant la permanence, colistiers et soutiens laissent éclater leur joie. « On va peut-être pouvoir faire cavalier seul au second tour », analyse un militant tout en regardant les résultats sur son téléphone. 

Des soutiens de Gilles Simeoni attendent les résultats devant la permanence du candidat nationaliste à Ajaccio.

© FTV

« O ghjenti, ça peut bouger, ça reste des estimations », rappelle un « Simeoniste ». Estimations confirmées dans la foulée.

Plus les minutes passent, plus l’écart se creuse : au niveau régional, Gilles Simeoni accentue son avance sur Laurent Marcangeli. À Ajaccio, le candidat droite devance l’autonomiste de près de 3.000 voix. « Beaucoup de gens que je connais ne sont pas allés voter », regrette cependant Jacques Billard, adjoint au maire d’Ajaccio en charge du bureau de l’Octroi, au bas du cours Napoléon. 

« Ils vont passer devant la mairie »

Retour à la mairie. Devant l’entrée, une cinquantaine de personnes patiente en attendant que le maire proclame les résultats définitifs des 42 bureaux de la ville. Les journalistes font le pied de grue. Certains discutent avec Stéphane Sbraggia, premier adjoint de Laurent Marcangeli. On veut savoir où est le tête de liste de la droite insulaire et s’il va donner une première réaction. Pas pour l’instant.

Au même moment, on aperçoit des bandere au niveau du carrefour de la Place du Diamant. Des nationalistes défilent. « Ils vont passer devant la mairie », glisse un militant de droite. Et d’ajouter : « Je m’en vais, je ne veux pas voir ça. » « On reste là, la tête haute », peut-on entendre. « Ce n’est pas fini, il reste un second tour dimanche prochain », lâche une jeune femme en pensant qu’il s’agit des supporters de Gilles Simeoni.

Je m’en vais, je ne veux pas voir ça

Un soutien de Laurent Marcangeli

Ce sont en fait des militants de Core in Fronte. Après avoir fait le tour du centre-ville, ils arrivent à la mairie lorsque Laurent Marcangeli annonce enfin les résultats définitifs dans la cité impériale. Quand il prononce ceux de la liste de Paul-Félix Benedetti, les partisans du leader nationaliste exultent puis repartent aussitôt.

Dans la moiteur du bureau centralisateur, ce sera la seule véritable effusion de la soirée. Et peut-être aussi la plus inattendue…

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