lundi, juin 27, 2022

Laurent Legname (Dijon) : « Un vrai scandale »

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La salve est partie d’un coup, au terme d’une conférence de presse touchante, lors de laquelle l’entraîneur Laurent Legname est revenu, visiblement ému, sur ses six années passées à Dijon, qu’il quittera au terme de l’exercice pour rejoindre, avec son meneur fétiche Axel Julien, Bourg-en-Bresse la saison prochaine.

Il le fera en ayant au minimum la satisfaction d’avoir guidé le 12e budget de l’élite à la première finale de Championnat de son histoire, jeudi après-midi, en ayant disposé avec sérieux et maîtrise (79-68) d’un Monaco certes diminué, mais bien plus riche, et cornaqué par Zvezdan Mitrovic, désigné meilleur entraîneur de la saison pour la troisième fois de sa carrière. Legname, lui, qui multiplie les performances avec le club bourguignon – premier de la saison régulière cette saison, premier ex aequo avec les cadors villeurbannais et monégasques lors de l’interruption du jeu l’an passé, 3e en 2019, 5e en 2018 -, attend toujours son premier trophée.

C’est ce qu’il estime être une « injustice » manifeste qui a déclenché la colère froide de Legname, le Varois insistant même pour qu’on « retranscrive bien tous ses propos ».

« Un manque total de respect envers mon travail »

« Ce n’est pas tant que ça me touche, mais… », a-t-il débuté tranquillement, avant d’entrer en éruption. « C’est un vrai scandale. À un moment donné, il n’y a qu’en France qu’on voit ça. Il ne s’agit pas de remettre en cause les compétences de Zvezdan Mitrovic, mais il y a un immense sentiment d’injustice, un manque total de respect envers mon travail. Il y a les résultats bruts, d’année en année depuis quatre ans.

Ensuite on sait qu’un coach n’est pas reconnu que là-dessus. Il y a aussi le contenu, offensif et défensif, le coeur qu’on met sur le terrain, tout cela loué par mes confrères, mis en lumière par les médias. Tout ça réuni fait qu’il y a un problème, quelque chose d’anormal. Quand on ne mérite pas quelque chose, ok. Mais si on fait le boulot… Et qu’on ne vienne pas me dire que le vote était clos en mai. Nous étions deuxièmes, un match derrière Monaco.

Je dis tout cela sans prétention aucune. Pouvoir me planter, me faire virer, je l’accepte, c’est le job. Mais là, c’est des conneries. J’ai été quatre fois nommé. C’est simple, arrêtez de me nommer. Cela ne sert à rien, et ce qui fait le plus mal, c’est que je pense que si je n’étais pas français, les choses se seraient passées différemment. Si j’étais « Legnamovic », comme je l’avais dit il y a deux ans, je l’aurais eu trois fois. C’est la réalité. Et c’est néfaste pour notre corporation. On se tire une balle dans le pied. Arrêtons d’être jaloux les uns des autres, saluons ceux qui font du bon travail. Car si ça continue, un jour, il n’y aura plus de coaches français, nulle part… »

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